Reviews

 

« PIAK est un trio de musiciens qui nous font redécouvrir le sens de l'existence de la musique : l'expression de la sensibilité vibratoire. Rien de démonstratif, tout est dans le cheminement intérieur où nous emmène leur musique qui demande d'ouvrir grand nos oreilles, notre sensibilité et notre intelligence pour communiquer avec elle. On se demande si ce n'est pas comme ça qu'auraient dû évoluer le free jazz et la musique électronique des années 70 du XXe siècle qui est leur point de départ. Leur concert est scindé en deux : d'abord un trio acoustique avec une batterie (sortie de chez un antiquaire) et deux saxophones qui nous prennent « par la main » pour nous faire entendre avec délicatesse les chemins tortueux de l'organisme vivant vibratoire, puis en seconde partie un trio électronique où il faut tendre l'oreille pour s'immerger dans un monde sonore qui tend à se dérober dans des volutes d'une grande douceur. Pour se réjouir de leur musique, il suffit de répondre oui à leur sympathie. »

Mathius Shadow-Sky

 

 

 

 

Chronique sur jazzmagazine.com par Ludovic Florin

Festival « Jazz à Luz », Luz-Saint Sauveur (65), 14 juillet 2014

 

Les derniers concerts du 24e festival « Jazz à Luz » n’ont pas été les moins bons, loin s’en faut. Remarquablement lancée par le trio Piak, la journée s’est refermée en fanfare avec Kaze (prononcer « kazé »). Vous ne connaissez ni l’un, ni l’autre ? Normal puisqu’il s’agit de deux formations assez jeunes. À ceux qui aiment la musique habitée, investie et haletante : Piak et Kaze sont faits pour vous.

Moins de sept heures après les derniers effluves de la free jazz session, les festivaliers retrouvent la salle des voûtes de la Maison de la vallée pour le concert d’un trio aux origines aveyronnaises que peu connaissent encore, en dehors de Jean-Pierre Layrac et de quelques proches qui le côtoient. Les trois jeunes barbus empoignent leurs instruments, ferment les yeux et se lancent. Longue tenue, plus ou moins la même note selon le moment, à la manière des grandes trompes des Alpes suisse mais en plus aigues ; sons de cloches, ferrailleries diverses ; pulsation de marche au tempo variable joué grosse caisse+charleston : cet appel pose le paysage sonore. Une litanie est en marche. Elle débouche sur un 12/8 obsessionnel de Bertrand Fraysse au-dessus duquel les saxophonistes m’évoquent – fil rouge luzéen oblige – le vol de deux abeilles en furie. Au cours du second moment de cette heure non-stop d’improvisation totale, l’éclat domine davantage. Toute de plaintes et de gémissements, Piak entraîne l’auditoire dans une transe noire, ailleurs étrange et souvent inquiétant pour qui n’a pas l’habitude de fréquenter de telles contrées. « Très beau concert » s’écrie la propriétaire du gîte venue écouter les Piak qu’elle accueille sous son toit. Effectivement, pour ce qui concerne les prestations d’improvisation libre qu’il m’ait été donné d’entendre au cours du festival, celle de Piak s’est révélée tout particulièrement enthousiasmante. Le public hétéroclite, composé de jeunes las des productions prêtes-à-consommer, de vieux aspirants libertaires, de touristes curieux découvrant ce monde intriguant de prime abord, ou encore de passionnés d’improvisation venus à Luz pour prendre une bouffée d’air frais ne s'y trompent pas et applaudissent chaudement les artistes. L’air étonné d’un tel accueil, ils ont le bon goût de ne pas faire de bis.

Comme souvent, le caractère des Piak – doux, calme, timide – contraste avec l’esthétique hurlante et déchirée qu’ils développent. Une raison supplémentaire pour les inviter, amis programmateurs !

 

http://www.jazzmagazine.com/index.php/le-jazz-live/1-le-jazz-live/793-jazz-a-luz-2014-3

 

 

 

 

 

Chronique (extrait) du concert de Jazz à Luz sur Le Sous Marin

 

L’autre révélation du festival se nomme Piak. Les 3 musiciens (Bertand Faysse à la batterie, Julien Gineste et Florian Nastorg au saxophone) sont habitués aux salles underground toulousaines, il est 11h du matin lorsqu’ils se présentent face au parterre d’auditeurs. L’entrée en matière se fait en une fraction de seconde. Les deux saxophonistes soufflent comme s’il s’agissait d’aller à l’épuisement et la batterie soutient et relance en permanence la transe. Quelque chose de chamanique se dégage du spectacle. Il suffit d’observer le batteur, un collier de bois rebondissant sur la jambe, langue tendue et le visage suintant de transpiration.

 

 http://www.calameo.com/link?id=96731546

 

 

 

 

IMPROJAZZ n°209 – Octobre 2014

JAZZ A LUZ 2014 par Gérard ROUY

 

[…] La journée du 14 juillet, dernier jour du festival luzéen, s'ouvrait par une belle surprise, le concert à la Maison de la vallée du trio aveyronnais Piak composé de Bertrand Fraysse (batterie), Julien Gineste (sax alto) et Florian Nastrog (saxes alto et baryton). Sur scène avec leurs saxes, ils font un peu penser à The Ex avec leurs guitares, toutes proportions gardées. Le flux de leur free jazz ardent et primal, véritablement collectif et non démonstratif, confine à la transe et évoque chez l'auditeur des sentiments de troublante plénitude à travers leur exploration intrigante de la matière sonore. A la fin de leur set, comme réveillés en sursaut, ils semblaient surpris par les applaudissements et ne reviendront pas pour un rappel. Une véritable découverte. […]